CPHF Editions, 2017


Dès la création de la France libre, en 1940, le général de Gaulle a été confronté à des problèmes financiers et, avec Churchill, il a même songé à s'emparer à Dakar de l'or de la Banque de France. En 1942, en Afrique équatoriale il crée le "Franc libre". En juin 1944, il qualifie de "fausse monnaie" les billets diffusés par les Américains en Normandie puis lance le Grand emprunt de la Libération.
A son retour au pouvoir en 1958, il fait adopter le "plan Rueff" pour rétablir les grands équilibres financiers puis met en place un "Nouveau franc" garanti par l'or de la Banque de France dont le Financial Times écrit qu'il est "la devise la plus forte au monde". De cette incontestable réussite résulte un bras de fer avec le dollar américain dont le général de Gaulle conteste la suprématie. Il fait alors échanger les dollars que possède la France contre des lingots d'or que des croiseurs convoient à travers l'Atlantique. La presse américaine s'en inquiète, le soupçonne de "vouloir faire sauter Fort Knox" et le surnomme "Gaullefinger", allusion au personnage de Goldfinger qui, dans la série James Bond, caressait ce projet !
De Gaulle tente aussi de réformer le FMI, dont il estime le fonctionnement injuste, et de renforcer le rôle de l'étalon-or avant d'être mis en difficulté en 1968 par un printemps "révolutionnaire" inattendu qui, par un curieux paradoxe, sauve la position dominante du dollar...
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par Eric Branca (éditions Perrin)
Historien, journaliste et essayiste, Eric Branca est un fin connaisseur du gaullisme auquel il a consacré plusieurs ouvrages dont un excellent « L’ami américain. Washington contre de Gaulle (1940-1969) » dont nous avons déjà parlé dans ces colonnes.
Avec « De Gaulle et les Grands », il s’attaque aux rapports complexes que le dirigeant de la France libre, devenu ensuite président et fondateur d’une République française solide et rénovée par lui, a entretenu de par le monde avec nombre de grands chefs d’Etat.

En une série de chapitres denses et incisifs Eric Branca commence logiquement par les Grands de la Seconde guerre mondiale, dont bien sûr Churchill, mais aussi Roosevelt et Staline avec lesquels les rapports furent intenses et souvent orageux.
Un chapitre très original est consacré à Ben Gourion car il va à l’encontre de ce que l’on lit trop souvent sur les tensions entre de Gaulle et Israël. En effet, Eric Branca nous montre, documents à l’appui, qu’une amitié forte et jamais démentie (même en 1967) lia toujours les deux hommes. Une amitié qui remontait à l’époque de la France libre et perdura jusqu’au bout.
Les deux derniers chapitres consacrés à Franco et plus encore à Mao correspondent à la fin de la vie du Général. Les faits que nous relate Eric Branca sont peu connus car après être allé se ressourcer en Irlande (en 1969), le Général s’est rendu en Espagne en 1970 où il a rencontré brièvement Franco, le dirigeant espagnol si controversé. Ce sera son dernier grand voyage. Mais le dernier chapitre du livre réserve une surprise au lecteur à propos de Mao et de De Gaulle. Il semble que les deux hommes ont entretenu une estime réciproque, même si chacun faisait des réserves sur les options politiques de l’autre. Il est vrai que le Général fut un des premiers chefs d’Etat occidentaux à reconnaître officiellement la Chine de Pékin et à prôner un rapprochement et une coopération avec « L’Empire du Milieu » plutôt qu’une stérile « guerre froide ». Ce que Mao n’oubliait pas. Mais entre les deux hommes ce fut un rendez-vous manqué car Eric Branca nous apprend qu’un voyage officiel du Général de Gaulle était programmé pour l’année 1971. Les contacts avaient été pris via la romancière Han Suyin et ce voyage prenait clairement forme quand, en novembre 1970, le Général fut foudroyé à La Boisserie par une crise cardiaque. Le destin en avait décidé ainsi et les deux hommes ne se rencontrèrent donc jamais.
Le livre d’Eric Branca fourmille aussi d’anecdotes et d’informations souvent surprenantes à propos de Nasser, ou encore de Nixon, un des rares présidents des Etats Unis qui entretint des relations chaleureuses avec le général de Gaulle. Un livre à lire absolument pour tous ceux qui s’intéressent non seulement au gaullisme mais aussi à la géopolitique et à l’Histoire du XXe siècle dont tous ces « Grands » furent des acteurs incontournables.
Gilles Ragache
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par
Gilles Ragache
Lors de son lancement, en février 1949, Liberté de l’Esprit s’est auto-définie d’emblée comme une revue « littéraire et politique » mais aussi un « lieu de débats ». Alors même que le général de Gaulle avait quitté le pouvoir depuis janvier 1946, mais songeait bien à y revenir, elle était animée par des militants gaullistes du Rassemblement du Peuple Français. Ce mouvement, alors en pleine ascension, avait été créé en 1947 mais comptait déjà 600 000 membres. Liberté de l’esprit dont le siège était au 69 rue de l’Université, à deux pas du 5 rue de Solférino où se trouvait celui du RPF, se voulait autonome par rapport à lui et se présentait comme des « Cahiers mensuels destinés à la jeunesse intellectuelle ».

Elle entretenait cependant des rapports étroits avec le mouvement gaulliste et affirmait être « Une revue culturelle, menant un combat efficace et cohérent pour la défense de la liberté, le maintien des valeurs occidentales et l’indépendance nationale. » Le pari était audacieux car, disposant de peu de moyens, Liberté de l’Esprit devait affronter des revues concurrentes solidement installées dans le paysage éditorial français. Or la plupart de ces revues se situaient à gauche comme Esprit d’Emmanuel Mounier ou à l’extrême gauche comme Les Temps modernes de Jean-Paul Sartre, Les lettres françaises de Pierre Daix et Claude Morgan ou La Nouvelle critique dirigée par Jean Kanapa, membre influent du Parti communiste. Il n’était donc pas facile pour des intellectuels proches du général de Gaulle de se faire une place face à une pensée dominante largement modelée par le marxisme et le socialisme. Pourtant, jusqu’en 1953, malgré une structure modeste et un relatif isolement même si une partie des auteurs publiaient aussi à La Table Ronde, Liberté de l’Esprit parvint à faire entendre un ton différent et des idées originales à une époque où la « guerre froide » battait son plein.
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