Seconde guerre mondiale

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Juin 1940

Editions Perrin

couv juin 1940

Le 22 juin 1940, l’Allemagne et la France signent un armistice qui met un terme à une campagne militaire ayant commencé le 10 mai. En six semaines seulement, l’armée française, la plus puissante au monde à l’époque, s’est effondrée. Pourtant, l’affaire n’a pas été simple et une bonne partie de cette armée a combattu avec ténacité et abnégation, ne cédant le terrain qu’après d’âpres combats de retardement, des rives de la Somme puis de la Loire jusqu’à celles de la Creuse. D’ultimes combats se déroulent même au-delà de l’armistice dans les Vosges, sur les deux versants des Alpes, dans la vallée du Rhône, en Ardèche ou dans le Poitou.

Cependant, malgré ce désastre, rien n’est vraiment joué car, depuis Londres, Churchill et le général de Gaulle entrevoient une possible victoire. Ils l’affirment clairement à la radio où le premier proclame sa volonté de poursuivre la lutte, même si cela doit entraîner « du sang et des larmes ». Quant au second, prédisant un élargissement du conflit, il déclare : « Cette guerre n’est pas une guerre franco-allemande. Cette guerre est une guerre mondiale ! » Même si bien peu de gens croient à ce scénario…

Dense mais fluide, ce livre éclaire d’un jour nouveau le conflit vu depuis Paris, Londres, Berlin, Moscou, Rome ou Washington. Il souligne les ambiguïtés des pactes germano-soviétiques et analyse les hésitations de Roosevelt et les exigences d’Hitler, Staline ou Mussolini. Il rappelle aussi les souffrances endurées par le peuple français au cours de ce mois tragique dont les stigmates sont encore perceptibles de nos jours.

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La France sous les bombes

Allemandes - Anglaises - Américaines

(1940 - 1945)

Editions Economica 2020

De 1940 à 1945 la France fut lourdement bombardée, d'abord par l'aviation allemande qui aidait à la progression de ses troupes, détruisant nombre de villes et de villages de la frontière belge jusqu'à la Loire. Puis dès l'été 1940 la RAF prit la relève, tout d'abord contre les ports de la Manche et de l'Atlantique puis, jusqu'à l'été 1942, sur diverses villes de la Zone occupée dont Billancourt ou Le Creusot. A partir de l'automne 1942 et de l'occupation de la Zone libre, la France entière devint de nuit la cible des escadres de la RAF et, de jour, celle d'escadres américaines de plus en plus puissantes qui, en une ronde incessante, tournèrent jusqu'au printemps 1944.

couv france bombardements 1940153

A cette époque, la France fut l'objet d'un pilonnage effrayant censé aider à la préparation des débarquements de Normandie et de Provence. Très vite des villes comme Saint-Lô ou Saint-Cyr ne furent plus que flammes et cendres. Bientôt ce déluge de feu s'étendit à des villes du Midi jusque là épargnées, telles Avignon, Nîmes, Arles ou Marseille. Ni la banlieue parisienne ni le Nord ne furent à l'abri. Les morts et les blessés se comptaient par milliers.

La Libération de Paris et d'une grande partie de la France ne mit hélàs pas fin au calvaire des civils. La ville du Havre fut alors totalement détruite tandis que Royan était rasée en 1945 à coup de bombes incendiaires, et même de bombes au napalm utilisées pour la première fois de la guerre par l'USAAF. Pour ne rien arranger, de septembre 1944 à janvier 1945, les Allemands lançèrent sur la région parisienne et le Nord des centaines de fusées V1 et des dizaines de V2.

Pendant cinq ans c'est donc un déluge de fer et de feu qui a accablé la population française, tuant plusieurs dizaines de milliers de personnes, hommes, femmes et enfants confondus, et en blessant beaucoup plus encore. Un traumatisme profond dont la France n'est pas encore totalement remise...

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A propos de "La France sous les bombes" :

Note parue en janvier 2020 sur le site du magazine Guerres et Conflits

Auteur de nombreux ouvrages sur la Seconde guerre mondiale, Gilles Ragache aborde un sujet sensible, celui des très nombreux bombardements aériens dont fut victime la France pendant la Seconde guerre mondiale. Au-delà des seuls bombardements alliés, très largement traités dans d'autres volumes, il intègre dans son étude les bombardements allemands de la campagne de France.

Le chapitre 1 est donc consacré aux initiatives aériennes du IIIe Reich (et plus marginalement des Italiens au-dessus de la Corse et dans le Sud-est), opérations essentiellement menées en appui de la progression des troupes au sol. Dès l'été 1940, les bombardements sont le fait des Anglo-Saxons, en particulier contre les ports et les installations sensibles des côtes de la Manche et de l'Atlantique, puis jusqu'à Marseille à l'automne. En 1942, les usines françaises deviennent la cible privilégiée (donc la région parisienne) et l'entrée en guerre des Américains se traduit par un développement exponentiel de ces raids, aussi bien en nombre d'avions engagés qu'en tonnages de bombes larguées. L'année 1943, que l'auteur qualifie "d'année noire", est marquée par les bombardements des zones industrielles de la région parisienne. Mais c'est au premier semestre et à l'été 1944 ("Printemps sanglant") que ces opérations causent le plus de dégâts, en préparation puis en appui des débarquements de Normandie et de Provence, qui entrainent d'ailleurs un (relativement modeste) retour offensif des Allemands qui frappent en particulier la France avec des V1. Enfin, jusqu'à la fin de la guerre, les poches de l'Atlantique vont connaître des raids meurtriers. Finalement, les résultats tactiques semblent relativement limités, qu'il s'agissent des destructions d'infrastructures militaires ou d'établissements industriels, d'autant que les victimes civiles se comptent par dizaines de milliers. Le dernier chapitre est dédié à la mémoire douloureuse de ces évènements, longtemps muette, progressivement exprimée depuis le début des années 2000.

Le livre est complété par quelques annexes qui présentent un état des principaux dégâts occasionnés, dans une France en ruine où la reconstruction prendra des années. Une synthèse intéressante qui fournit de nombreux exemples, chiffres, détails, et mérite d'être connue.

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La Fin de la Campagne de France. Les combats oubliés des armées du Centre (15 juin-25 juin 1940), 294 p., cartes, 2010, Editions Economica, 49 rue Héricart, 75015 Paris. 23 euros.

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Juin 1940 fut marqué par une terrible défaite pour l’Armée française. En conséquence, depuis cette époque, l’idée prévaut qu’elle aurait tout entière été mise en déroute et qu’elle aurait cessé de se battre dès le 14 juin, à l’entrée des Allemands dans Paris. Or il n’en fut rien car du 15 au 25 juin, tandis que la ligne Maginot tenait bon et que les Panzers roulaient vers la Suisse pour enfermer deux groupes d’armées dans une nasse, de nombreuses unités luttèrent pied à pied en se repliant vers le Centre du pays. Jusqu’au dernier jour, elles ont refusé l’esprit de capitulation, supporté la fatigue, le manque de sommeil, la désinformation et parfois l’hostilité des civils.

Sans jamais déposer les armes, 350 000 hommes du G.A. 3 ont fait bloc, fédérant autour d’eux des groupements régionaux, des aviateurs, des élèves de Saint-Maixent, Saumur ou Poitiers et même des marins. Des divisions cuirassées, des DLM et des GR reconstitués couvrirent ce repli et contribuèrent souvent aux actions de retardement. Tous ces hommes, se déplaçant la nuit et combattant le jour, s’accrochèrent au terrain. Ils reformèrent chaque jour une nouvelle ligne de défense, le long de la Loire puis sur le Cher, l’Indre, la Claise, la Creuse… ainsi qu’en Normandie, dans le Poitou, le Vivarais, la vallée du Rhône ou le nord des Alpes. Pendant cette période incertaine, entre l’annonce prématurée de l’armistice (le 17 juin) et son application effective (le 25 juin), un fort esprit de résistance persista et, au soir du cessez-le-feu, une ligne de défense organisée courait encore des Alpes au Poitou. Parmi les plus déterminés de ces combattants, nombreux seront ceux qui rejoindront les rangs de la Résistance puis participeront à la libération du territoire.

Le livre « La fin de la Campagne de France » a reçu le prix Raymond Poincaré décerné par l’Union Nationale des Officiers de Réserve en 2011.

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Les Appels du 18 juin, 238 p., Editions Larousse, 2010.

Tout le monde connaît l’appel du 18 juin 1940 et l’homme qui le lança depuis Londres : le général de Gaulle dont l’ascension politique fut fulgurante dans les semaines précédant son départ pour l’Angleterre. Mais la plupart des gens ignorent la véritable histoire de cet appel, ou plutôt des appels du 18 juin, car dans les jours qui suivirent, le chef de la future France libre n’a cessé de modifier et enrichir son discours au gré des événements et des réactions aussi bien du maréchal Pétain que du premier ministre anglais Winston Churchill.

C’est à découvrir cette histoire passionnante et mouvementée que vous convie Gilles Ragache qui retrace la naissance progressive d’un des textes les plus célèbres de l’histoire de France.

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« Le contenu de ce livre, d’une grande richesse documentaire, dépasse largement le titre annoncé. Il s’appuie en effet sur un ouvrage précédent du même auteur intitulé La fin de la campagne de France. L’objectif recherché est de replacer les différents messages radiophoniques (ceux prononcés par de Gaulle mais aussi par Pétain et par Churchill) dans le contexte mouvementé et confus du mois de juin 40, détaillé jour après jour. M. Ragache rappelle – ou apprend? – que la situation fut longtemps incertaine : d’abord les combats, souvent sévères, se poursuivent jusqu’à la nuit du 24 au 25 ; les négociations des deux armistices – avec l’Allemagne, puis l’Italie – avancent lentement; les grands chefs de l’empire tardent à choisir leur camp ; les Anglais sont partagés sur l’appui à donner au général expatrié, ils soumettent ses interventions à la B.B.C. à un étroit contrôle, et le réduisent même au silence pendant plusieurs jours. Bref, il y a loin de la légende ou du mythe – entretenus par tant de commentateurs – à la réalité des faits. De même pour les textes qui s’entrecroisent et dont huit sont reproduits en annexe : le chercheur établit la distinction entre les deux appels du 18 et du 22, souvent assimilés à l’affiche tricolore composée plus tard (en août) et plusieurs fois remaniés. Ainsi la célèbre phrase « La France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre ! » ne figurait-elle dans aucun des discours antérieurs. L’historien méticuleux rectifie aussi les assertions contenues dans les Mémoires du général ou du premier ministre britannique, rédigés bien plus tard, qui « fourmillent d’approximations ». C’est le moins qu’on puisse dire. »

Le bulletin des Lettres n° 694 – août 2010

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L'Outremer français dans la guerre (1939-1945), 228 p., Editions Economica, collection Campagnes & Stratégies, 2014

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Comment la guerre fut-elle vécue dans l’Outre Mer français ? Tous les territoires furent-ils touchés de la même manière par la mobilisation, les combats, les restrictions ou les conséquences du blocus ? Se sont-ils ralliés rapidement ou non à la France libre ? En vérité, rien ne fut simple.

Si les Nouvelles Hébrides, l’Océanie puis la Nouvelle Calédonie se sont précocement ralliées à la France libre, l’archipel de Wallis et Futuna est demeuré deux ans sous l’influence de Vichy. Il en fut de même pour la Réunion, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane où eut même lieu un début de « Révolution Nationale » afin d’y répandre l’idéologie « Travail, Famille, Patrie ».

Par représailles, un sévère blocus fut appliqué par les Anglais contre tous les territoires fidèles à Vichy. Il s’ensuivit pour les populations diverses pénuries, de multiples restrictions et l’apparition d’un important « marché noir ». En Guadeloupe ou en Martinique, cette époque demeure dans bien des mémoires comme une période sombre ayant suscité la « Dissidence » de certains. Au contraire, les îles du Pacifique virent débarquer des dizaines de milliers de soldats alliés ce qui produisit une brusque abondance matérielle et une forte ingérence américaine dans la gestion des territoires et dans la vie quotidienne des habitants.

Cette situation fut à l’origine d’accrochages, parfois sévères, entre le général de Gaulle et le président Roosevelt. Les divergences entre les deux hommes, commencées dès l’intervention de la France Libre à Saint Pierre et Miquelon en décembre 1941, ne cesseront pas de toute la guerre. Ils s’affronteront à de multiples reprises, y compris à propos de la petite île déserte de Clipperton dont Roosevelt prétendait disposer. L’ingérence américaine fut particulièrement forte aux Antilles où des accords scellés avec l’amiral Robert permirent à celui-ci de se maintenir trois ans au pouvoir.

Une période complexe pour l’Outre Mer français, dont cet ouvrage reconstitue des épisodes peu connus à partir d’archives militaires et civiles françaises, mais aussi anglaises et américaines, ce qui apporte un éclairage nouveau sur le sujet.

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Saint-Exupéry et la guerre, 166 p., éditions Economica, collection Guerres et Guerriers, 2012.

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Au sommaire

- Paris 1918 : Premiers contacts avec la guerre -  L'apprentissage du métier : Saint-Exupéry pilote militaire -  Sur "la Ligne" : Face à la guérilla au Rio de Oro -  La montée des périls : L'Union soviétique, la Guerre d'Espagne, l'Allemagne nazie (1935-1939) -  La "Drôle de guerre" vue du ciel : septembre 1939 – 9 mai 1940 -  Pilote de guerre : mai-juin 1940 -  En Afrique du Nord : l'heure des choix (juillet-décembre 1941) - L'exil en Amérique - "D'abord la France !" - Retour en Afrique du Nord (1943-1944) - L'été des derniers combats (été 1944)- Saint-Exupéry après Saint-Exupéry

Dossier : recherches, enquêtes et débats autour d'une disparition

Annexe 1 : Commémorations, anniversaires et mémoire collective

Annexe 2 : Des élèves officiers allemands à Agay

Bibliographie

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Les enfants de la guerre. Vivre, survivre, lire et jouer en France (1939-1949), 324 p. ill., Editions Perrin, collection Terre d'Histoire, 1997.

La guerre, ce fut l'exode, les alertes, les files d'attente, parfois les rafles, les deuils et les terribles bombardements "en tapis". Le tragique donc, et les traumatismes qui s'ensuivirent. Mais tous ceux qui, enfants, ont vécu cette période se souviennent aussi des bonbons vitaminés, des cours d'école bruyantes et bruissantes de vie, des amours naissantes, du cinéma, des jeudis de pein air, des jeux fantasques, des jouets improvisés, des livres mutlicolores, des illustrés bigarrés, bref, de tout ce qui constitue le monde de l'enfance, un monde parallèle à celui des adultes, adossé à la "bande", aux "copains", au groupe dans lequel chacun puise une extraordinaire faculté d'adaptation et de résistance au malheur et, même dans les circonstances les plus difficiles, une phénoménale dose d'optimisme.

Ces enfants de la guerre et du "baby boom" ont largement contribué à modeler et à bâtir le pays actuel qu'ils ont pris en charge. Mais qui étaient-ils exactement ?

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Le jour J : 6 juin 1944, le débarquement, album 48 p., André Depouilly illustrateur, Editions du Seuil, collection Histoire vivante, 1984

le jour J

6 juin 1994. Aux premières lueurs de l'aube, une gigantesque flotte, appuyée de milleirs d'avions, apparaît au large des côtes normandes. Dans un vacarme terrifiant, les navires alliés ouvrent le feu sur les blockhaus allemands du Mur de l'Atlantique. Déjà, au cours de la nuit, des parachutistes américains et anglais ont sauté en éclaireurs au-dessus du Cotentin. L'heure du débarquement a sonné. C'est le jour J. Les Alliés l'ont préparé pendant des mois. Une formidable bataille s'engage, la plus grande opération aéronavale. De son issue dépend le sort de la France et de l'Europe...

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"La guerre détraquée", 254 p., ill., Editions Aubier, collection Dossiers Floréal, 1983.

"Oui, la guerre aussi est détraquée", pensait Antoine de Saint-Exupéry en survolant la France envahie. Il ajoutait : "Nous le savons bien, on ne tiendra aucun compte de nos renseignements. Nous ne pourrons pas les transmettre. Les routes seront embouteillées. Les téléphones seront en panne. L'Etat-major aura déménagé d'urgence. Les renseignements importants sur la position de l'ennemi, c'est l'ennemi lui-même qui nous les fournira." Pourtant, dans ce chaos, envers et contre toute logique, des hommes espèrent, luttent, meurent.

guerre détraquée

Car cette guerre est bien "détraquée". Rien ne s'y déroule comme prévu. Au cours de l'été 39, Hitler et Staline ont pactisé. Premier grain de sable. A l'automne, en Sarre, des troupes françaises victorieuses ont dû s'arrêter, puis attendre l'arme au pied l'écrasement de la Pologne. Pendant l'hiver, l'Armée rouge a agressé la Finlande ; la France et la Grande-Bretagne, comme si elles s'étaient trompées de guerre, ont alors concocté des plans d'attaque contre l'URSS ! Puis au printemps c'est la débâcle, l'exode. Tout s'effondre, les Allemands raflent des prisonniers, des villages brûlent, la IIIème République agonise.

Pourtant de Londres provient un appel. Un sursaut libérateur est encore possible...